LES CHEMINS DE SAINT JACQUES sur les CARTES du GÉOGRAPHE EDRISI

Al Idrîsî (aussi Edrisi ou Idrissi) est né vers 1100 à Ceuta sur les côtes marocaines. Son nom complet nécessite du souffle : Abu Abdallah Muhammad Ibn Muhammad Ibn Abdallah Ibn Idriss al-Qurtubi al-Hassani ! À la demande du Roi de Sicile, Roger II, il entreprit la rédaction d'une énorme description géographique de la terre qu'il savait sphérique. Ce sont les zones climatiques qui servent de canevas à ses ensembles géographiques. Ainsi, du nord du Portugal à la Gascogne, on a le "Cinquième Climat". Par ailleurs, il fait ses descriptions sous forme d'itinéraires et on a bien l'impression que, parmi ses informateurs, il y a eu d'anciens pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. L'identification des lieux signalés n'est pas toujours facile, ni possible, mais les pèlerins actuels savent d'expérience combien il est difficile en chemin de comprendre et de bien répéter ou prononcer les noms de lieux.

Galice par Al-Edrisi

L'ouvrage d'Edrisi s'apelle Livre du divertissement de celui qui désire découvrir le monde ou Livre de Roger. Il était accompagné d'un grand atlas de 70 feuilles. Le livre a été traduit en franšais par Pierre-Amédée Jaubert sous le titre de Géographie d'Al Idrissi en 1836 et 1840. Il n'est, hélas, pas encore numérisé sur le site Gallica de la BNF. Sa source, en arabe, l'est. La carte magnifique comportant Sant iakub est abimée en son milieu par une pliure. Sur le sujet qui nous intéresse, le Cinquième Climat, plusieurs spécialistes universitaires arabisants ont étudié et publié divers textes. Le monde des savants universitaires est toutefois bien étrange tant ils semblent se détester les uns les autres ! Les critiques les plus acerbes vont à notre Pierre-Amédée.

En inversant d'est en ouest l'un des itinéraires d'Edrisi qui est décrit d'ouest en est, nous avons en vérité le chemin français de Compostelle. En premier, Sant Yuwan(1) (Saint-Jean-Pied-de-Port) proche de Burt Sizaru(2) (le port de Cize au dessus de Roncevaux) sur la chaîne des Pyrénées. Plus à l'ouest, on trouve Baniluna qui est Pampelune. Ensuite, sur la carte à gauche, Kastila probablement Estella puis une ville sans vignette qui doit être Logroño. Suivent Nagra, Najera et Burgas, Burgos, ville qui comporte deux bourgs, l'un chrétien et l'autre juif. Ils sont séparés par une rivière sur la carte et dans le texte. Plus à l'ouest, il y a Kariun (Carrion) et curieusement décalé au sud Liun (Leon). Astorka, Astorga, précède deux massifs montagneux. Edrisi mentionne Munt rad qui peut être le Mons Iraci du guide d'Aimery Picaud ou Ponferrada. Le Munt febrer (ou fabrayar) ensuite est le fameux Monte Cebrero (ou Cebreiro). On arrive finalement à Sant iakub près de la mer (trop près de la mer).

Sur la chaîne des Pyrénées, figure à l'est de Burt Sizaru(2), Burt Asbera(3) qui fait penser à Aspe, nom de la vallée qui conduit au Somport. C'est le col où passe la via Tolosana venant d'Arles. Sur le haut de notre carte, à droite, on reconnaît en outre les villes de Ségovie (Segubia), Avila (Abila), Zamora (Samura) et Salamanque Sala?. Attribuer un nom moderne aux ports qui se succèdent le long de l'océan est plus difficile sauf en Gascogne où on a Bayonne (Byona) et Bordeaux (Bordal)

Pour voir toute la péninsule ibérique selon Edrisi passez ici votre souris . Le nord est en bas. La source est la carte publiée par Konrad Miller (Tabula Rogeriana 1928).

Liens (cliquer) vers la page est ou la page ouest de la carte du manuscrit de la BNF.


ASSOCIATION FRANÇAISE des PÈLERINS de SAINT JACQUES de COMPOSTELLE

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