ASSOCIATION FRANÇAISE des PÈLERINS de SAINT JACQUES de COMPOSTELLE

Le duc de Lancastre (Lancaster) vient en famille et en armes à Compostelle

Les Chroniques de jean Froissart couvrent la fin du 14e siècle soit la première moitié de la guerre de Cent ans.


Environ deux petites lieues françoises de la ville de Saint-Jacques en Galice vinrent au-dehors et en procession tout le clergé de la ville et portant dignes reliques, croix et gonfanons (oriflammes), hommes, femmes et enfants contre la venue du duc et de la duchesse; et apportaient les hommes de la ville avecques eux les clefs des portes, lesquelles ils présentèrent , de bonne volonté par semblant, je ne sais si il étoit feint ou vrai, au duc et à la duchesse, tous à genoux; et les recueillirent à seigneur et à dame. Ainsi entrèrent pour ce jour en la ville de Saint-Jacques et le premier voyage qu'ils firent, ils allèrent tout droit et à pied à l'Église de Saint-Jacques, duc, duchesse et tous les enfants; et se mirent en oraisons et à genoux devant le benoit corps saint et baron de Saint Jacques et y firent grands offrandes et beaux dons; et me fut dit que le duc et la duchesse et leurs deux filles à marier, Philippe et Catherine, se logèrent en l'abbaye et maison de céans et y firent leur tinel (cour). Les autres seigneurs, messire Jean de Hollande, messire Thomas Moreaux et leurs femmes se logèrent en la ville et barons et chevaliers qui loger se purent; et gens d'armes sur les champs tout autour de la ville de Saint-Jacques. Et qui ne pouvoit trouver maison, il faisoit loge et feuillée de bois que il coupoit, car il en y a assez au pays; et se tenoient tout aise de ce qu'ils avoient chairs (viandes); et forts vins trouvoient-ils assez, dont ces archers buvoient tant que ils se couchoient le plus du temps ivres. Et moult souvent par trop boire, car c'étoit ait moustysons (vendange), ils avoient la foire, ou au matin si mal en leurs têtes que ils ne se pouvoient aider tout le jour.

Quand le Barrois des Barres et Jean de Chastel Morant et les chevaliers et écuyers qui ens ou (le) châtel de la Calongne (La Corogne) se étoient tenus pour la garde entendirent que le duc et la duchesse étoient paisiblement entrés en la ville de Saint Jacques et qu'on les y avoit reçus, si parlèrent ensemble et se conseillèrent quelle chose ils feroient,et dirent: "Il ne nous vaut rien ici demeurer ni tenir ; nous n'y ariemes (aurions) jamais nulle bonne aventure ; retrayons (retirons)-nous à Burgos devers le roi; si saurons quelle chose il voudra faire. Il ne peut être que il ne voist (aille) au-devant de ces- Anglois; car si il les laisse convenir (s'assembler) ainsi, ni eux loger ni amasser au pays petit à petit, ils le conquerront et seront seigneurs de Castille: et nous est plus honorable assez de là aller que de ci être." Ce conseil fut tenu: si s'ordonnèrent pour partir et troussèrent tout et issirent (sortirent) hors du châtel de la Calongne (La Corogne), et le recommandèrent à ceux que ils y avoient trouvés quand ils y entrèrent ; et prirent guides qui connoissoient le pays: bien le convenoit, autrement ils eussent été rencontrés. Si firent tant et chevauchèrent parmi le pays de Biscaye en costiant (côtoyant) la Galice que ils vinrent au Lyon (Léon) en Espagne. Pour ces jours y étoient le roi et la reine et toutes les gens de son hotel. Quand ces chevaliers de France furent venus devers le roi, il les vit volontiers, ce fut raison. Si les reçul doucement et leur demanda des nouvelles, quoique il en savoit assez...


aux portes de Saint-Jacques

sommaire du site

clic

retour aux légendes

clic

page précédente

clic