ASSOCIATION FRANÇAISE des PÈLERINS de SAINT JACQUES de COMPOSTELLE

Partant le 23 AOÛT 2012, deux septuagénaires marseillais vont accomplir ce pèlerinage. L'un d'eux, Jean-Baptiste, nous a gentiment donné l'autorisation de publier ses croquis et son carnet. Qu'il en soit ici remercié. En plus de l'appréciation des illustrations et du plaisir de la lecture, nous y retrouverons, pèlerins lecteurs, de quoi raviver quelques chers souvenirs. Voici la première partie du récit : de Saint-Jean-Pied-de Port à Rabanal del Camino.


DE SAINT-JEAN-PIED-de-PORT À RABANAL À VÉLO

par JEAN-BAPTISTE MAURIN ©.

Nous partons, Henri et moi, de Marseille à 6 heures, les vélos chargés sur sa voiture. Notre projet de faire étape à Orisson ne marche pas : le gîte est plein. Nous prenons le gîte municipal, rue de la Citadelle, près de la porte Saint-Jacques.

VENDREDI 24 AOÛT

Porte Saint-Jacques

- Départ à 7h15 par la route du col d'Ibañeta, Val Carlos. C'est long et rude pour un premier jour, avec la chaleur à partir de 10 heures.

Il y a énormément de gros camions chargés de foin, venant d'Espagne. Il reste beaucoup de foin en Espagne. On en voit d'immenses tas partout. On est à midi à Roncevaux. Tout est fermé. On continue jusqu'au Rio Erga, à 10 kilomètres de Pampelune. Depuis le col, il y a des remontées sévères et nous faisons près de quinze cents mètres de dénivelé. Depuis Saint-Jean, Henri a un problème avec son dérailleur sur le petit plateau et nous y sommes souvent. Chute d'une sacoche d'Henri qui ne se rend compte de rien. Le long du rio, on suit une piste cimentée agréable bordée de nombreux complexes sportifs et piscines. En espagnol, on demande notre chemin à un couple et on ne comprend rien à leurs explications ; finalement, ce sont des Français ; ils nous donnent leur plan de Pampelune.

Nous rentrons dans la ville par la puerta de Francia. Tout de suite nous trouvons un réparateur de vélos peu aimable mais gentil, comme souvent sont les Basques. Il répare le dérailleur, dévoile la roue et ne veut pas se faire payer ; Henri lui donne un pourboire royal.

Nous passons devant les arènes pour prendre notre gîte Calle Amaya. C'est un hôtel au premier étage d'un immeuble bourgeois. Il faut monter les vélos à l'étage. Cela ressemble à une auberge de jeunesse. Il est tard et, après quelques ablutions, nous allons en ville par de très longues avenues piétonnes jusqu'à la place de Castille. Superbe ambiance espagnole. Toute la ville se promène autour du kiosque où une banda nous joue des airs de corrida ainsi que des choses plus modernes. Les terrasses des cafés qui occupent tout le périmètre de cette immense place sont pleines et nous prenons une bière bien méritée en savourant ce moment de grand bonheur. Nous prenons notre repas dans une très grande brasserie 1900 remplie d'un bruit typiquement espagnol où l'équipe de serveurs est d'une efficacité rarement vue chez nous. La place se vide et nous rentrons dans notre chambrée, partagée avec trois jeunes Belges sympathiques.

SAMEDI 25 AOÛT

- Ce matin on traîne un peu. Nous retournons sur nos pas pour visiter la cathédrale. Nous retournons aussi pour revoir le réparateur de vélos car le dérailleur d'Henri est toujours défectueux. Cette fois, la réparation va tenir. à la sortie de Pampelune, nous devons protéger nos sacoches et nous-mêmes d'une petite pluie qui ne durera pas. Très belle montée de la Sierra del Perdon, mais le dernier kilomètre est difficile avec le vélo. Je dois tirer Henri d'une très fâcheuse posture, totalement enfoui en contrebas dans des épineux. Rien de grave. Bien qu'un peu bouchée, la vue au sommet est grandiose. Très difficile descente dans les cailloux. Les piétons vont plus vite que nous... Plus bas, on les rattrape et on fonce avec un fort vent dans le dos.

Nous faisons le détour par l'église d'Eunate, fermée. Henri est désolé car les piles de son appareil photo sont mortes. Une charmante jeune fille rousse lui donne ses piles de réserve.

Depuis Eunate, 5 kilomètres de faux plat en descente avec le vent dans le dos, un régal.

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Pont de Puente la Reina

Henri aurait bien continué mais je connais le parcours et j'ai besoin de repos. Nous prenons le gîte qui est à l'entrée de Puente la Reina. Quatre euros la nuit. Dortoir de quatorze places.

Nous gardons notre pique-nique pour demain et prenons un mélange de tapas et paella dans la calle Mayor.

Pendant que j'écris, les cloches un peu fêlées de l'église sonnent l'angélus. Les cigognes qui m'avaient tant surpris il y a cinq ans sont parties et pas encore revenues. Repas du soir fait de pâtes fraîches et gâteau de riz, au même endroit qu'à midi. Il fait frais. Retour au dormitorio où toutes les lumières sont éteintes, la plupart dorment.

rue de Puente la Reina

Un abruti arrive très tard et garde sa lampe frontale allumée pendant très longtemps. C'est lui qui se lèvera le premier en aveuglant tout le monde, à 4h30. Nous prenons une bière sur la place du village puis Henri va se faire masser pendant que je dessine. Il fait très chaud. église très impressionnante. Le repas se prend au restaurant de l'hôtel Monaco, avec les deux Belges qui sont de très agréables compagnons.

DIMANCHE 26 AOÛT

- Départ à 6h15. Nuit noire. Nous ratons le premier embranchement et restons sur la route qui monte beaucoup plus haut que le Chemin. C'est assez dur, en particulier la sortie de Cirauqui avec le franchissement du pont romain, de plus en plus délabré. Nous cassons la croûte à Estella, devant l'église qui est à l'entrée du village. La sortie d'Estella est dure, il fait chaud. à Irache, nous nous gardons bien de goûter au vin distribué librement. Jusqu'à la fuente de Noros et Villamayor de Monjardin, on en bave sévèrement. à partir de Villamayor, grande partie de manivelles, sur des pistes de gravillons, sur le grand plateau, jusqu'à Los Arcos.

Los Arcos

Nous sommes très bien accueillis au gîte municipal par un couple d'hospitaleros flamands très sympathiques. Ils nous placent dans une chambre pour quatre avec un Belge wallon qui a mal au genou et songe à s'arrêter. Beaucoup de monde, surtout des jeunes.

Nous prenons une bière sur la place du village puis Henri va se faire masser pendant que je dessine. Il fait très chaud. Église très impressionnante. Le repas se prend au restaurant de l'hôtel Monaco, avec deux Belges qui sont de très agréables compagnons.

L'un et l'autre ont déjà cheminé sur le Camino Francés et nous échangeons des souvenirs communs et surtout des impressions.

Après le repas, le Belge wallon nous offre, sur la place, un verre de pacharan, digestif tiré de la fermentation de la prunelle sauvage.

LUNDI 27 AOÛT

- Nous prenons notre desayuno à l'hôtel où nous prévoyons un sandwich clandestin avant que l'hôtesse nous offre d'en préparer un, ce que nous acceptons volontiers.

Torres del Rio

C'est une piste agréable jusqu'à Torres del Rio où nous restons longtemps visiter et méditer dans cette église qui est pour moi à ranger dans la liste des plus belles œuvres d'art que je connaisse. Après Torres, nous prenons la route goudronnée jusqu'à Viana. Il commence à faire chaud. Je crève de la roue arrière et nous réparons sans problème (changement de chambre, on réparera plus tard...). Après Viana, nous restons sur le goudron où nous roulons vite, du moins jusqu'aux collines à l'approche de Logroño.

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Je ramasse une sandale sur le chemin et je retrouve son propriétaire cinq kilomètres plus loin, en train de brinquebaler sa jumelle à l'arrière de son sac. Je m'attendais à des remerciements plus chaleureux.

Nous laissons quatre sous à Félicie aussi, du moins à sa fille car Félicie n'est plus là depuis longtemps. Et nous franchissons le beau pont sur le rio Ebro et allons jusqu'à la cathédrale qui ruisselle de tout l'or d'Amérique. Henri fait l'acquisition d'une bombe anti moustiques, d'un savon et d'une boîte à savon.

La sortie de Logroño est pénible, la chaleur est terrible. Midi sonne et nous mangeons nos bocadillos jamon à la terrasse d'un établissement d'où personne ne sort pour nous servir quoi que ce soit. Sur l'indication de quelque passant autochtone, nous continuons dans la même direction et nous nous retrouvons sur l'autoroute de Burgos. Personne ne nous dit rien et nous roulons sur la bande d'arrêt d'urgence en rasant la glissière de sécurité sans rencontrer la Guardia Civil.

On retrouve le Chemin...qui monte et monte sous un soleil de plomb. On finit par redescendre à fond la caisse sur Navarrete et il faut encore monter pour atteindre le village qui est haut perché.

Quelle église ! Jamais vu de retables aussi riches.

On prend une bière et une tortilla avec un couple de Parisiens. Lui a fait le Chemin plusieurs fois, dont une fois depuis Rome.

Le gîte El Cantaro est parfait, un véritable hôtel avec chambre pour deux et salle de bain. Lavage du linge à la machine, étendu par l'hôtesse. On se repose. Henri dort un peu, puis étudie le parcours et commence à trouver qu'on ne va pas assez vite. ça va être dur de freiner. Aujourd'hui, je ne pouvais pas faire un mètre de plus dans cette fournaise.

On va prendre le repas du pèlerin devant l'église, avec un bon rioja. Toujours la sympathique animation espagnole ; les habitants se retrouvent sur la place et prennent des verres entre amis ou en famille, personne n'est rivé devant la télé.

Je renverse mon verre de rioja sur mon pantalon de marche que je lave efficacement avant de m'endormir.

MARDI 28 AOÛT

- J'ai bien dormi mais le réveil est difficile, les yeux bouffis. Le ciel est totalement clair et la journée s'annonce aussi difficile que la précédente. Desayuno avec de petites Anglaises.

À la sortie de Navarrete, nous entrons dans le cimetière par la vieille porte du monastère de Saint-Jean-d'Acre et nous cherchons la tombe de notre collègue cycliste belge décédé ici.

La montée sur el Alto de San Anton se fait sans problème avec le soleil levant. On pousse les vélos sur les derniers trois cents mètres.

Dans la descente, alors que nous admirons la vue sur la plaine de Najera, je crève de l'avant. Réparation rapide.

Sur le pont de Nàjera, nous croisons une Française âgée, pimpante, qui fait le retour depuis Santiago après avoir fait l'aller par le Chemin cantabrique. Il faut le faire. Le Chemin du côté d'Azofra est agréable mais la suite est difficile avec la montée sur le golf et les lotissements de Cirueña ; il fait chaud.

La descente sur Santo Domingo nous console. Nous laissons nos sacs et nos vélos à la consigne pour visiter la cathédrale, cette splendeur du Chemin. Ni la poule, ni le coq n'ont voulu chanter, dommage.

Après Santo Domingo, nous cassons la croûte à l'ombre d'une énorme accumulation de bottes de foin. Le temps se couvre et il est possible de continuer.

À chaque village, nous décidons de passer outre, Grañón, Redecilla, Castildelgado. J'en ai plein les bottes et je veux m'arrêter à Viloria de Rioja. Le gîte unique est plein mais il paraît que, trois kilomètres plus loin, on a tout ce qu'on veut. Mais à Villamayor del Rio, tout est fermé.

Encore cinq kilomètres de plus et nous sommes à Belorado, à l'hôtel Jacobeo. Confortable, mais pas le temps de laver le linge ni de réparer les deux chambres à air. Si je crève demain, je suis mal. Petit tour en ville, repas avec menu peregrino et au lit.

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MERCREDI 29 AOÛT

- Ce matin le temps est bouché, le plafond très bas couvre les collines proches entre lesquelles le Chemin serpente. Nous passons d'abord à Tosantos où nous avions fait une étape mémorable il y a cinq ans avec Roland. Nous avançons vite dans la fraîcheur du matin. à Villambistia, je reconnais le bassin avec ses poissons rouges et j'en profite pour réparer ; cependant ma dissolution est trop vieille et les rustines ne valent pas mieux... à Villafranca Montes de Oca, le soleil éclatant revient, juste quand on n'avait pas besoin de lui pour attaquer l'Alto de Pedraja qui nous fait souffrir un moment. Il y a un nombre incroyable de pèlerins ; nous sommes les seuls à vélo sur ce parcours, les cyclistes prennent la route.

San Juan de Ortega

La descente sur San Juan de Ortega est merveilleuse et l'arrêt casse-croûte aussi.

Pendant notre marche sur le plateau, nous sommes surveillés par l'armée en quatre-quatre et en hélicos, tant le risque d'incendie est élevé. On parle d'incendie en Espagne depuis quinze jours en ce moment, du côté de Leon et même en Galice.

Il y a cinq ans, nous ne nous étions pas arrêtés, sauf pour rapidement visiter l'église ; nous avions été choqués par le comportement de pèlerins allongés pour bronzer sur l'herbe devant le monument. Aujourd'hui, il n'y a pas d'herbe et il fait trop chaud pour se mettre au soleil.

J'ai convaincu Henri de ne pas aller à Burgos aujourd'hui. On serait arrivés dans l'après-midi fatigués et on n'aurait profité de rien.

On s'arrête à Agès, albergue municipal tenue par Pedro. Un peu avant, on est interpellés par une Anglaise qui va en sens inverse, qui nous explique qu'elle a été déposée en autobus, à plus de six kilomètres de là, et qu'elle veut aller à Burgos. On lui indique qu'elle doit faire demi-tour et refaire la route... Elle est contente...

Agès n'a pas changé depuis cinq ans ; village de western qui préfigure le désert du Paramo, après Burgos.

Un Français a oublié son duvet au gîte précédent et cherche quelqu'un qui puisse parler espagnol pour téléphoner et demander à ce qu'on le lui envoie par taxi à Burgos ; il ferait certainement mieux d'en acheter un autre au passage ; sa femme s'en fout, elle dort.

Agés

Henri et moi faisons une grande lessive puis le tour d'Agès sous un soleil de plomb. Il y a une curieuse mise en scène de sculptures et mobiles surréalistes, faits de chaussures et tissus récupérés.

L'église est toujours là, sans sa cigogne. Il y a cinq ans, je l'avais dessinée mais de travers ; j'essaie de mieux faire, pendant que Henri va se faire masser. Je répare mes deux chambres à air ; j'ai eu de la chance de ne pas en avoir eu besoin aujourd'hui.

À 17 heures, encore beaucoup de marcheurs, avec des cyclistes aussi, qui passent ici et continuent vers Burgos à plus de vingt kilomètres : des jeunes et des courageux.

Nous dînons dans la salle à manger commune mais à une table pour deux ; les cyclistes sont admis mais il ne faut rien exagérer. Excellent repas, bon petit vin. Il fait très frais.

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JEUDI 30 AOÛT

- Ce matin quand on se réveille, presque tous les habitants du dortoir sont partis. Le premier d'entre eux, le plus rapide, aura marché plus de quatorze kilomètres quand on le rattrapa.

Il fait très froid. Le temps est couvert. Dans la montée au-dessus d'Atapuerca, un petit chien nous suit. On pousse les vélos jusqu'au sommet. Henri a du mal avec ses chaussures "spécial vélo". On se rattrape largement dans la descente et on lâche le chiot. Le long de l'aéroport, on fonce poussés par le vent. On a toujours notre laine sur le dos et on entre dans Burgos à 9h15.

le Cid

On prend un café et on se met en quête d'un réparateur de vélos, que l'on trouve mais fermé jusqu'à 10h30. Sur la vitrine, il y a une affichette : "¡ Ojo ! Recién pintada". On pense que ce n'est pas bon. On se renseigne et un passant traduit : "Attention. Peinture fraîche". On est nuls. Le type arrive et remet plus ou moins le vélo d'Henri en état. J'achète des rustines et je gonfle bien mes deux pneus. On repart vers la vieille ville et la cathédrale que l'on visite à fond après avoir mis nos sacoche en consigne et confié nos vélos à la surveillance de deux pèlerins attablés sur la place. On reprend les vélos et poussés par un fort vent, sous un soleil revenu, on fonce. à Tardajos, on prend une tortilla aux herbes avec un verre de vino tinto. Quatre euros pour deux. On reprend la route à fond la caisse. à Hornillos del Camino, on prend une demi orange chacun. L'impression de vitesse sur ce plateau désolé, ces routes toutes droites, est fabuleuse : un grand moment de vélo. On découvre Hontanas au dernier moment, quand on plonge dedans. église et maisons ocre gris dans un univers ocre-gris.

Nous prenons pension chez Santa Brigida. Nous sommes cinq dans le dortoir de huit ; nous deux, un Aixois à vélo, Michel et une Mexicaine.

Je dessine l'église et la calle Mayor du même endroit qu'en 2007. 19 heures, repas avec l'Aixois, la Mexicaine (Vargas), une femme du Botswana et un couple de Lourdes (faux couple qui a éliminé l'épouse légitime au bout de deux jours).

C'est très polyglotte et très gai.

VENDREDI 31 AOÛT

Hontanas

- Quatre pèlerins sont arrivés très tard au gîte et se sont couchés alors que nous étions en train de nous endormir. Ce matin, ils nous gênent encore en restant couchés quand nous nous préparons ; c'est très compliqué de se préparer, de remplir son sac sans rien oublier, le tout à la lueur de la lampe frontale.

On s'équipe pour le froid : polaire plus k-way. Notre ami aixois met un cuissard long. Notre amie mexicaine sort du gîte pour nous faire ses adieux. On roule avec Michel l'Aixois jusqu'à Castrojeriz. Malgré son conseil de prendre la route goudronnée, nous décidons de prendre le Chemin et la rude montée sur la meseta de Mostelares. Il fait toujours froid ; il y a beaucoup de monde.

À partir du sommet et jusqu'au bout, à Sahagùn, nous allons aller très vite, sauf quelques petites côtes, le long de grandes lignes droites sur pistes gravillonnées ou sur goudron, avec un fort vent dans le dos ou de trois-quarts tout le long. Nous réussissons à rouler 95 kilomètres car il n'y a pas grand-chose à visiter, il n'y a pas de crevaison ni incident et les haltes ne sont pas très confortables.

La première halte est pour Hospital San Nicolas, gîte ouvert dans une chapelle restaurée par l'association italienne des Amis de saint Jacques en 1993. Accueil sympa.

Seconde halte à Boadilla del Camino où nous avions fait étape en 2007. On prend un café avec des Allemands désagréables.

On passe les écluses du canal de Castille à Fromista, sans s'arrêter. On casse la croûte à Revenga de Campos car on a décidé de rester sur le goudron plutôt que de prendre le rio Ucieza (je me souviens d'un sentier très étroit).

À Villalcazar de Sirga, on fait la photo avec le pèlerin statufié attablé. Les pèlerins désagréables de tout à l'heure m'adressent la parole pour me demander de les prendre en photo. Peu après, je suis arrêté sur le bas-côté à la suite d'un saut de chaîne. Ils passent à côté de moi sans un mot.

Tortilla dans un café à Carrión de los Condes. Il fait chaud depuis midi. Nous reprenons les interminables lignes droites du Pàramo. à Calzadilla de la Cueza, nous nous arrêtons dans un gîte tenu par un Africain. Paysage de western. Très peu de pèlerins. à partir de là, on prend le goudron jusqu'à Sahagùn.

Le soleil tape dur quand nous passons devant Terradillos de Los Templarios où nous avions fait étape en 2007 (café au lait arrosé de Bailey's).

L'arrivée sur Sahagùn est assez pénible. Nous passons devant le gîte Viatoris en même temps que deux jeunes cyclistes espagnols très costauds, partis en même temps que nous de Hontanas ce matin.

On fait un tour inutile en ville où je ne reconnais rien ; et pour cause, j'ai confondu avec Astorga. Nous revenons au gîte Viatoris après une escale dans une pâtisserie, pour déguster la spécialité de la ville. Nous prenons une chambre pour deux et Henri va montrer son vélo à un réparateur qui le rassure en lui expliquant que c'est seulement la pédale et qu'il n'y aura pas de problème.

On va prendre notre repas en ville, plaza Mayor : tapas de poireaux et d'anchois puis côte de bœuf grillée. Comme d'habitude à cette heure-là, tout le monde est dehors ; mais la ville respire la pauvreté. Il fait froid, le vent est fort.

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SAMEDI 1er SEPTEMBRE

- Quand nous prenons la route, il fait très froid. Au bout de quinze minutes, je dois m'arrêter pour me réchauffer les doigts. Nous avons polaire et k-way. Malheureusement le vent n'est pas aussi fort qu'hier et nous nous fatiguerons plus pour moins de kilomètres. On peut quand même rouler aujourd'hui car nous sommes sur la meseta et sur le goudron, le long du "Camino Real", sans aucune voiture ou presque. Avec Roland, en 2007, nous avions pris la "calzada romana", bien moins fréquentée et fait étape à Calzadilla de Los Hermanillos. à l'endroit du choix, Calzada del Coto, j'hésite et nous nous retrouvons sur une bretelle d'accès à l'autoroute et à contresens... Peu après, toujours en pleine hésitation, une voiture de la Guardia Civil nous met sur la bonne voie (je pense que Mamina a tout fait pour nous faire surveiller).

Nous traversons Bercianos del Camino et faisons une halte à El Burgo Ranero, devant l'église. Un Espagnol sorti de nulle part me demande de faire un tour avec mon vélo ; je m'accroche à mon engin et lui dis que je ne comprends pas l'espagnol. Il n'insiste pas mais on se méfie. L'église a une charpente toute neuve magnifique.

Arrive une cycliste belge qui roule seule. Je lui demande si elle n'a pas peur et elle me répond que sa seule crainte est pour les chiens, d'ailleurs elle est équipée d'un émetteur ultrasons qui lui a rendu service, surtout en France.

Un peu plus loin, on voit une fille qui marche avec un chien équipé de sacoches...

On traverse Reliegos puis Mansilla de Las Mulas sans s'arrêter. On fait un casse-croûte sorti du sac à Puente Villarente sur une petite aire bien aménagée avec une fontaine où une petite vieille vient prendre son eau et nous raconter sa vie ; on ne comprend rien.

On reprend mais on souffre un peu pour franchir la colline qui domine Leon. La descente qui était en travaux en 2007 est maintenant très bien aménagée pour les marcheurs avec escaliers, pont métallique, passerelles. Nous prenons le goudron à fond la caisse vers la cathédrale que l'on voit de très loin.

Un peu avant, je règle un problème de médicament : je me suis trompé dans mes calculs et il me manque la Tenormine 50 ; je pense avoir des difficultés mais tout se règle simplement et je m'en tire à 3,12 euros la boite. On ne s'attarde pas beaucoup à Leon qu'Henri connaît déjà.

On roule jusqu'à la Virgen del Camino et nous prenons le gîte municipal, ancien monastère dominicain. Simple et confortable. Repas en ville très sympa. Jambon en apéro avec la bière, macaronis, pois chiches, poulet, filet de porc et crème maison. Henri qui a laissé une tomate se fait reprendre au motif qu'il s'agit d'un produit bio, issu du jardin familial.

Il fait meilleur ce soir. On se couche bien fatigués mais bien nourris et heureux. On est dans un dormitorio de quarante lits, tous les deux et une Française à l'autre bout et qui ronfle... c'est dingue !

DIMANCHE 2 SEPTEMBRE

puente Orbigo

- Qu'est-ce qu'il fait froid ! Polaire, k-way et gants. Le parcours est facile jusqu'à Astorga. On a pris un croissant et un café au distributeur du gîte puis un desayuno plus complet à San Miguel del Camino. N.120 jusqu'à Hospital de ôrbigo où je dessine le pont pendant qu'Henri, au milieu du pont, donne quelques coups de fil en fumant un cigarillo.

Petite visite au gîte des Templiers. Il n'est ouvert que pour assurer le séchage de l'entrée que nous piétinons gaiement. On se fait jeter par un hospitalero peu aimable, d'origine asiatique.

Après Hospital de Órbigo où il y a beaucoup de pèlerins en car qui nous regardent comme des bêtes curieuses, nous voulons prendre le sentier mais on se trompe et on se retrouve sur la N.120. Tant pis on la garde. Maintenant il fait chaud. La descente sur San Justo de la Vega et la vue qu'on a sur Astorga nous récompensent d'une montée pénible.

À Astorga c'est toujours la famille Alonso qui détient tous les commerces, du charcutier au chocolatier. On se dépêche de visiter car tout ferme à 14 h 30 : le palais Gaudi, le musée de la cathédrale et la cathédrale elle-même. Intéressant et y a de quoi revenir. Il y a des fac-similés de livres du Moyen âge et de la Renaissance, exceptionnels.

À la télé, on donne le grand prix de Silverstone et on voit Alonso, l'idole locale, se faire caramboler au premier virage dans la consternation générale des consommateurs de la bodega.

Rabanal del Camino

On reprend la route alors qu'il commence à faire très chaud. On fait le détour par Castrillo de los Polvazares. Très beau village resté dans son jus quasi médiéval ; tout est en pierre, les rues sont des callaos, aucun ciment, aucun béton. C'est vraiment à voir. Après il faut remonter sur le Camino, dans la garrigue, c'est dur.

Notre idée était de s'arrêter à El Ganso, que je connais. Finalement rien ne nous convient et on continue, encore 7,6 kilomètres jusqu'à Rabanal del Camino, sous une chaleur de plomb.

Au loin, au nord, gigantesque fumée d'incendie.

On fait une halte en même temps qu'un jeune couple de Grecs.

Enfin on arrive à Rabanal et on prend le premier gîte au bas du village qui nous offre une chambre pour deux. On n'a pas la force de monter plus haut.

On est reçus par Alba, dont le frère est architecte. Elle masse Henri, nous lave notre linge, le sèche, nous sert la cerveza pendant qu'on regarde l'étape de la Vuelta à Lago.

Je fais le tour du village jusqu'à l'église Saint-James. Je suis reçu par un prêtre anglais très pressé d'aller célébrer les vêpres mais qui accepte de me tamponner mon credencial. Belle soutane. Le repas se prend au gîte, servi par Alba, en compagnie d'un couple français d'Arras.

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