ASSOCIATION FRANÇAISE des PÈLERINS de SAINT JACQUES de COMPOSTELLE

Messire Andrea Navagero, passe le tunnel San Adrian

Nom orthographié aussi Navajero ou Navagiero. Il avait été l'ambassadeur de la République de Venise auprès de Charles-Quint et se rendait maintenant en France.

Raphael l'a inclu, à gauche, dans un double portrait qui se trouve à la Galleria Doria Pamphilj de Rome. Voir ce portrait.

Vitoria est sur une colline. Ce n'est pas une très grande ville mais elle est paisible avec de bons bâtiments et des rues où vivent pas mal de commerçants. La mer, qu'on trouve à Deva, est à dix lieues. Pour Bilbao, il faut ajouter dix autres lieues. Le royaume de Navarre est sur la droite et, entre Vitoria et Pampelune, il n'y a pas plus de seize lieues (100km).

Le 22 (mai 1528) nous allâmes à Alegria, à deux lieues, puis à Salvatierra, encore deux. Salvatierra est une bonne bourgade compte tenu de sa situation. Elle appartenait au Comte de Salvatierra mais comme celui-ci était du parti des communeros, (2) très hostile à l'Empereur (3), la seigneurie lui fut ôtée. De Salvatierra à la frontière navarraise , il n'y a qu'une lieue et demie. Jusqu'à Pampelune, il y a douze lieues par une bonne route en plaine.

À Salvatierra, on mange du poireau. Nous y restâmes un jour et, le 24, nous franchîmes les Pyrénées par le col de San Adrian qui est très rude à la montée comme à la descente. Il y a plein de cailloux et de boue et quand on a voulu y remédier, on a disposé en travers des troncs d'arbre de sorte qu'il aurait mieux valu le laisser sans aucun aménagement.

Le chemin passe au milieu d'une forêt de chênes verts, de chênes-lièges et de tilleuls immenses. Il y a une grande variété de plantes. On n'atteint pas le haut de la montagne car il y a un grand trou qui la traverse, de part en part, sur une longueur d'un tir d'arbalète. À l'intérieur, se trouve une source qui coule des rochers au-dessus et on la recueille dans une vasque creusée dans le roc. En été, une auberge ouvre d'habitude et il y a aussi une chapelle consacrée à saint Adrien. Je crois que c'est elle qui donne son nom à la montagne.

Forcer ce passage est très difficile, voir impossible. À sa sortie, on entre en Guipuzcoa qui est en totalité dans les Pyrénées. Le territoire qui jouxte le chemin est rude mais très verdoyant et occupé par une grande variété d'arbres. Le col franchi, dans la descente, il y a plusieurs sources d'eau salée et plus bas, dans la vallée coule un ruisseau qui, en prenant ensuite de l'importance, active plusieurs forges. Il traverse Zegama (4) puis Segura et enfin Toloseta. Finalement, le cours d'eau atteint la mer près d'un endroit appelé Orio qui donne son nom à la rivière qui est excellente pour tremper l'acier. Ainsi, on trempe des lances à Alegria et des épées à Toloseta.

(1) Source : Viaje por España del Magnífico Micer Andrés Navajero, Embajador de Venecia al Emperador Carlos V. Dans : Viajes por España de Jorge de Einghen, del Barón Leon de Rosmithal de Blatna, de Francisco Guicciardini y de Andrés Navajero.
(2) Soulèvement de villes qui eu lieu en Castille entre 1520 et 1521.
(3) Navagero écrit "César". (4) Navagero écrit "Segarra" et "Toloseta" qui est Tolosa à présent.


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