le papamoscas de Burgos

ASSOCIATION FRANÇAISE des PÈLERINS de SAINT JACQUES de COMPOSTELLE


Le Papamoscas de Burgos

On dit que cet automate surnommé "le gobe-mouches" (el Papamoscas) fut commandé par le roi Henri III, dit "Le Maladif" (Enrique III, el Doliente, 1379-1406), qui avait l'habitude de venir dévotement prier chaque jour à la cathédrale. Un jour, ses prières furent perturbées par une jolie fille qui pénétra dans le temple et vint prier devant la tombe de Ferdinand González (Premier comte indépendant de Castille, 930-970 dont la tombe est, à vrai dire, à Covarrubias !). À sa sortie, le roi la suivit et la vit entrer dans une vieille bâtisse. La mÍme scène se reproduisit durant plusieurs jours. Le roi était trop timide pour oser l'aborder ; toutefois, un jour, elle laissa tomber son mouchoir. Le roi le ramassa et le lui tendit en silence mais avec un doux sourire aux lèvres. Étant disparue derrière sa porte, il crut distinguer comme une plainte. Ce qui est sûr, c'est que la jeune fille ne vint plus jamais à la cathédrale. Quand il fit faire des recherches, on lui apprit que personne n'habitait plus depuis longtemps la maison où il l'avait vue entrer maintes fois ; plus exactement, depuis que ses habitants étaient tous morts de la peste noire.

Victor Hugo, vit pour la première fois le personnage quand, enfant, avec sa mère et ses frères, ils rejoignaient le général Hugo, gouverneur des provinces d'Avila et de Ségovie. Joseph Bonaparte, Pepe Botella (Jojo la Bouteille), se maintenait difficilement sur le trône d'Espagne grâce aux soldats napoléoniens. Le jeune Victor fut fasciné et s'en souvint toute sa vie.

"...une porte s'ouvrit dans le mur, un bonhomme bizarrement accoutré, une espèce de figure fantastique, bouffonne et difforme, se montra, fit un signe de croix, frappa trois coups, et disparut. Victor, ébahi, regarda longtemps la porte refermée. - Señorito mio, lui dit le donneur d'eau bénite qui leur servait de cicérone, es papamoscas. (Mon petit seigneur, c'est le gobe-mouches.)" - Victor Hugo raconté par Adèle - Plon, 1985.

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