Association Française des Pèlerins de Saint Jacques de Compostelle

Chœur et abside de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle au moyen-âge

En 997, Al Mansour (ou Almanzor) rasa Compostelle et en particulier sa cathédrale.

Le bâtiment qu'on reconstruisit vers l'an 1000 fût éphémère puisqu'en 1075, l'évêque Diégo Pelaez commença l'édification d'une nouvelle église dans le style roman. En 1112, les travaux prirent une nouvelle tournure avec l'évêque Diégo Gelmirez (le voleur de reliques). Non seulement il détruisit l'édifice élevé vers l'an mil mais il rabota la partie haute du mausolée (le martyrium) de saint Jacques qui comportait deux étages. Une partie du Chapitre se rebiffa, mais en vain. En 1117, il termina le nouveau chevet en style roman avec le maître-autel au dessus du tombeau qui abritait les restes de l'apôtre (source : codex calixtinus). On décora l'autel d'une façade d'argent (un antependium) et on éleva au dessus une sorte de baldaquin (un ciborium) supporté par 4 colonnes. Ce dispositif masquait totalement les reliques en sous-sol sauf quand on enlevait l'antependium.

Faute d'une crypte favorisant le recueillement des pèlerins à proximité des reliques, on opta pour une confessio derrière le maître-autel qui lui était réservé aux éclésiastiques de haut rang (en effet, au maître-autel de Saint-Jacques, personne ne peut célébrer s'il n'est évêque, archevêque, patriarche ou cardinal de cette église à qui ce privilège est concédé. dit Confalonieri). L'autel y fut dédié à sainte Marie-Madeleine. On y célébrait les messes matinales et les pèlerins y priaient. L'autel était-il à l'ouest, près des reliques ? Était-il à l'est, près de la chapelle du Sauveur ? (Inter altare Sancti Iacobi et altare Sancti Salvatoris est altare Sancte Marie Magdalene, ubi decantantur misse matutinales peregrinis, dit le Codex Calixtinus ). Pour certains l'entrée se faisait en longeant le baldaquin. Pour d'autres, l'entrée se situait dans le déambulatoire en face de la chapelle du Sauveur (plus tard aussi "des Rois de France"). On discute aussi sur le niveau du sol de cette chapelle Sainte Madeleine : plus haut ? plus bas ?

Il n'y avait pas encore la statue de l'Apôtre à embrasser. On la mit en place probablement au 13e siècle avec un escalier dans la chapelle Sainte Marie-Madeleine ; l'espace restant étant utilisé comme sacristie. (Au delà de cet escalier, derrière le maître-autel, il y a une petite sacristie réservée aux chanoines cardinaux ou autres personnes qu'on autorise à célébrer près du corps du saint glorieux... elle est bien dotée en ornements et en vaisselle liturgique mais il n'y a pas grand chose à voir.... dit Confalonieri) Les choses restèrent en l'état ensuite jusqu'en 1462 où on modernisa l'installation avec du gothique tardif. L'aspect en est évoqué par une illustration de la fin du 15e siècle qui figure l'accolade (el abrazo) à la statue de l'apôtre ; toutefois, on situe mal le baldaquin et les colonnes qui le supportent (cartulaire de l'Hôpital Saint-Jacques de Tournai).

vieux mausolé

reconstitution

plan du chevet roman reconstitution du baldaquin roman

reconstitution de Lopez-Ferreiro

Pour voir une autre représentation moins vraissemblable et plus tardive  : passer votre souris ici

aspect fin 15e s

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