Association Française des Pèlerins de Saint Jacques de Compostelle
Édit ("Pragmatique" dans le jargon juridique) du 13 juin 1590 de Philippe II contre l'usage de l'habit de pèlerin.

Philippe, par la grâce de Dieu, Roy de Castille, de Leon, d'Aragon, des Deux Siciles, de Jérusalem (sic), de Portugal, de Navarre, de Grenade, de Tolède, de Valence, de Galice, de Majorque, de Séville, de Sardaigne, de Cordoue, de Corse, de .... (plusieurs lignes encore) à ... (longue liste de destinataires)

Sachez qu'on a vu et appris que de nombreux hommes originaires de nos royaumes ou de l'extérieur traînent sans vouloir travailler ni exercer la moindre activité susceptible de leur assurer les moyens d'existence. Ils ne rendent aucun service, ils ne remplissent aucune fonction utile au pays qui leur procurerait un revenu. Ils circulent en chapardant et en commettant d'autres délits et troubles au détriments de nos sujets. Pour faciliter leurs pratiques délictueuses, ils feignent d'aller en pèlerinage vers un sanctuaire quelconque. Ils prétendent en avoir fait le vœu et s'habillent de vêtements jacquaires, pèlerines, sacs et autres tissus colorés. Ils se couvrent de larges chapeaux avec un signe, coquilles et bourdons... Ils trompent ainsi la justice qui, les voyant dans de tels accoutrements, les laisse aller comme de vrais pèlerins dévots. Pour le service de Dieu Notre Seigneur et le mien, dans l'intérêt de nos royaumes, il convient de mettre un terme à ces pratiques, pour en faire cesser les inconvénients et les maux. C'est pourquoi nous ordonnons et interdisons que dorénavant plus aucune personne de nos royaumes, quelle qu'en soit la qualité, ne devra porter le dit accoutrement de pèlerin même épisodiquement, même lors d'un véritable pèlerinage dans le royaume. Toute personne qui voudra aller en pèlerinage le réalisera en vêtements ordinaires, ceux qu'il possède ou qu'il porte habituellement ou que portent ceux qui marchent sur les chemins. Il ne pourra se rendre en pèlerinage sans une autorisation du juge du tribunal de simple police de son lieu de résidence. Sur la licence du juge devront être indiqués la date de la présentation de la requête, l'âge et autres signalisations convenables, le tout signé et validé pour que le porteur soit identifiable.

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